Selon un rapport récemment publié par l’Institut de développement durable et des relations internationales (Iddri) ce lundi, il est possible pour les Français de diminuer leur consommation de viande de manière aisée, à condition de remplir certaines critères.
Les citoyens français ont la possibilité de diminuer leur consommation de viande d’ici l’année 2035 « sans compromettre » leurs « besoins nutritionnels », comme le révèle un rapport de l’Institut de développement durable et des relations internationales (Iddri), publié le lundi 3 février sur France Inter. Alors que la consommation de viande reste stable en France depuis plusieurs années, malgré de nombreuses recommandations pour la santé et l’environnement, cette étude examine comment les Français peuvent réduire leur consommation de viande de manière progressive et sans difficultés, à condition de respecter certaines conditions.
Pour cette recherche, les spécialistes de l’Iddri ont observé le comportement alimentaire de douze catégories sociales, allant des « ménages aisés très éduqués » aux « familles rurales à faible revenu », en passant par les « hommes isolés » ou les « seniors à faible revenu et qualification ». Les résultats ont mis en lumière divers éléments susceptibles d’influencer le contenu de nos assiettes tout en prenant en considération les inégalités sociales existantes.
Parmi les approches promues, on trouve : la réduction des différences de prix entre les viandes et les alternatives végétales, l’amélioration des systèmes d’aide alimentaire, l’augmentation de l’offre de plats flexitariens dans les restaurants et supermarchés. « Une transformation significative des comportements alimentaires, incluant une diminution de la consommation de viande, est envisageable pour tous les groupes sociaux étudiés, tout en tenant compte de leurs habitudes actuelles », conclut le rapport.
Différences de baisse selon les types de viande
Cette analyse prévoit une réduction de la consommation moyenne de viande de 15% entre 2023 et 2035. « Cette tendance générale découle de l’addition des évolutions spécifiques des 12 groupes sociaux, avec des diminutions oscillant entre 4% et 36% selon les segments »,« Cette baisse moyenne de la consommation varie selon les types de viande : -18% pour le bétail, -17% pour le porc, -8% pour la volaille, et -28% pour d’autres viandes (comme le mouton, le gibier ou le lapin). »
Néanmoins, même avec cette réduction, les Français continueront à consommer en moyenne 74 kg de viande par personne et par an d’ici à 2035, ce qui reste supérieur à la moyenne actuelle observée en Italie. Selon le rapport, cette diminution « n’impacte pas la capacité de couverture des besoins nutritionnels de quelconque groupe social ».
Pour illustrer cela, la Grande-Bretagne a réussi à réduire sa consommation de viande de 17% en dix ans, tandis que l’Allemagne a connu une baisse de 13%. Si la France parvient à une telle réduction, cela pourrait permettre de diminuer de 10% l’empreinte carbone associée à l’alimentation dans le pays.